Weekly Thoughts

Weekly Thoughts par Mirabaud Securities - 22 novembre 2019

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS : Les rumeurs ne suffisent pas

Les semaines se suivent et se ressemblent pourrait-on écrire. En effet, si le doute est toujours de mise concernant l’avancée des négociations entre Washington et Pékin, les principaux indices américains ont touché de nouveaux sommets historiques cette semaine. Cette situation de surchauffe nous laisse toujours penser qu’une consolidation devrait se matérialiser sous peu. Quoi qu’il en soit, sur la semaine, les principaux indices américains terminent la semaine (à jeudi soir) en légère baisse. Même tendance légèrement négative pour les indices européens avec des baisses moyennes de près de 1% malgré le fait que l’Allemagne ne soit pas rentrée en récession technique en fin de semaine passée. À noter que le SMI a touché un nouveau record historique mercredi soir. En Asie, la majeure partie des indices ont aussi succombé aux craintes de voir la signature d’un accord commercial entre la Chine et les États-Unis encore repoussé. Les indices asiatiques ont baissé de manière marginale sur la semaine.

LES CHANGES : La Nouvelle Zélande

Cette semaine parmi les pays du G10 c’est la Nouvelle Zélande qui remporte la palme face au dollar. Pays dont on parle peu, la banque centrale néo-zélandaise a cependant récemment maintenu les taux d'intérêt inchangés, affirmant qu'un assouplissement énergique plus tôt cette année signifiait que les politiques actuelles étaient appropriées, mais laissait la porte ouverte à davantage de mesures de relance monétaire. La décision a anéanti les attentes du marché quant à une réduction et a fait grimper le dollar néo-zélandais. Parmi les autres membres du G10, notons aussi les progressions de la couronne suédoise, norvégienne et danoise. Les baisses ont été à mettre sur le compte du dollar canadien, du franc suisse et du yen. Dans les marchés émergents, signalons (toujours face au dollar) les progressions notoires du peso argentin, de la lire turque et du peso chilien. Les baisses ont été à mettre sur le compte du won sud-coréen, du peso mexicain ou encore peso philippin.

LE THEME : Le cannabis

Avec le début de la légalisation thérapeutique du Cannabis outre Atlantique il y a près de 2 ans, une vague d’investissements s’est mise en place. Beaucoup d’investisseurs y ont vu le moyen de faire de l’argent facilement et rapidement comme ils auraient pu le faire avec le bitcoin, la « fausse viande » (n’hésitez pas à me demander mon étude sur le sujet) ou encore la 3D (à ses débuts). Après un départ fracassant, la situation est aujourd’hui tout autre et on ne compte plus les avertissements malgré un marché plus « mûr ». Au cours des 12 derniers mois, de nombreuses actions liées au cannabis ont connu des hauts et des bas, atteignant des sommets sans précédent aussi facilement qu'elles ont affiché des chutes vertigineuses. La dernière tendance à la baisse, cependant, a été presque constante depuis le printemps dernier. En fait, depuis avril, le Global Cannabis Competitive Peers Index a enregistré une perte d'environ 25 milliards de dollars. Les baisses sont à mettre sur le compte de l’accroissement de la législation, des taxes plus élevées que prévues, un marché gris toujours présent et un endettement très important. Selon les analystes Schroders, c’est la légalisation, et non l’usage accru, qui constitue le principal moteur de la croissance du secteur. Au-delà de son aspect apparenté à la drogue (même à usage thérapeutique), l’exploitation du cannabis pose plusieurs autres problèmes. On songe notamment aux coûts environnementaux élevés liés à l’approvisionnement et à la fabrication. En effet, la production de cannabis a une empreinte énergétique et carbone élevée avec des rejets importants dans l’eau, dans l’air et dans la terre.

LE PAYS: Le Vietnam

Comme l’ont rappelé plusieurs institutions (dont le FMI) ces derniers mois, les tarifs douaniers vont avoir un impact négatif aussi bien sur l’économie américaine que mondial. Les tarifs douaniers devraient notamment avoir un impact négatif aussi bien sur l’économie américaine que mondial en minant la confiance des entreprises et l’investissement. La banque JP Morgan a même publié une étude qui estime que la mise en œuvre de l’ensemble des surtaxes douanières envisagées, qui porteraient sur la quasi-totalité des importations de produits chinois, coûterait au moins 1’000 dollars à chaque consommateur américain sur une année. Ce qui effacerait les réductions d’impôts accordées par Donald Trump en 2017. Cependant, il y a certains pays qui bénéficient et continuent de bénéficier de ces tensions commerciales et notamment le Vietnam. Alors que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine s'éternise, les entreprises américaines envisagent d'autres options pour éviter les droits actuellement perçus sur les importations chinoises. Au cours des neuf premiers mois de 2019, les importations américaines de marchandises en provenance du Vietnam, de Taïwan et de la Corée du Sud ont bondi respectivement de 35, 21 et 7 pour cent, par rapport à la même période de l'année dernière, alors que pour la même période les importations en provenance de Chine ont diminué de 13% sur douze mois. Le Vietnam, en particulier, a tiré profit du différend commercial, car il fournit bon nombre des biens que les entreprises américaines se procuraient habituellement en Chine avant la guerre commerciale. Au-delà du « manque » de taxes, il y a plusieurs raisons qui expliquent pourquoi le Vietnam est si attrayant. Tout d’abord le coût final de la main d’œuvre. Au Vietnam et au Cambodge, les travailleurs de l'industrie textile reçoivent un salaire minimum d'environ 160 euros par mois alors qu'en Chine, le salaire mensuel s'élève à 291 euros. D’autres éléments entrent aussi dans la balance lorsque l’on parle d’importations vietnamiennes : la qualité finale du produit et la rapidité d’expédition. Cependant, la part du gâteau laissée par la Chine pourrait être un cadeau empoisonné pour le Vietnam, qui risque de se retrouver dans la même situation que celle-ci, c’est-à-dire dans la ligne de mire de Donald Trump.

LA VALEUR : Home Depot

L'action Home Depot a chuté de plus de 5% après la publication de ses ventes trimestrielles en dessous des attentes et a accusé sa plus forte baisse en une séance depuis plus de 10 ans. Les analystes n’ont pas apprécié que l’entreprise de bricolage ait abaissé sa prévision de chiffre d'affaires pour l'exercice clos en janvier. Home Depot s'attend désormais à une croissance de 1,8% de son chiffre d'affaires annuel, et non plus de 2,3%. Pour le troisième trimestre clos le 3 novembre, le distributeur a fait part de revenus en hausse de 3,5%, à 27,22 milliards de dollars, mais les analystes s'attendaient à un montant de 27,53 milliards de dollars. Pour justifier ces ventes moins élevées qu'attendu, Home Depot a expliqué que le groupe n'avait pas pu bénéficier comme prévu sur la période de ses investissements dans le cadre de sa stratégie de refonte de ses magasins One Home Depot. Le distributeur a en revanche confirmé sa prévision d'un bénéfice ajusté par action en hausse de 3,1%, à 10,03 dollars, sur l'exercice. La baisse de l'action Home Depot a fortement pesé sur l'indice Dow Jones.

LES SUJETS EXPLOITÉS

Plusieurs sujets ont été exploités cette dernière semaine et notamment :

Vive la consommation ! / Santa Rally ? / Le cannabis sous pression / Les Minutes de la Fed / Le RSI sous la loupe / Le Vietnam en pole position

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE : Les PMIs proches du rebond ?

SWOT : Sur la sellette

Forces (+)

  • Politiques monétaires très accommodantes
  • Moindre appréhension d’un choc politique/géopolitique
  • Niveau du chômage (États-Unis et Europe)
  • Niveau de liquidité au plus haut depuis 10 ans
  • Confiance des PMEs et des consommateurs aux États-Unis 
  • Vigueur du consommateur américain
Opportunités (+)
  • Croissance américaine (toujours) vigoureuse
  • Flexibilité des Banques Centrales
  • Un Brexit «souple» *
  • Poursuite des effets de la réforme fiscale américaine *
Faiblesses (-)
  • Manque d’investissement en zone euro
  • Performance des entreprises européennes (EPS)
  • Absence de cohésion gouvernementale (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne)
  • Manque de vigueur économique allemande
  • Cible d’inflation qui s’éloigne aux États-Unis
  • Phase de transition de l’économie chinoise
  • Blocage politique aux États-Unis (gouvernement divisé)
Risques (-)
  • Erreur de politique monétaire
  • Un Brexit «dur» *
  • Tensions commerciales
  • Décision surprise du gouvernement italien
  • Evolution du prix du baril de pétrole
  • Creusement du déficit budgétaire américain
  • Evolution du secteur immobilier américain *
  • Cible d'inflation qui s'éloigne aux États-Unis

* sur la sellette

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressants, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité, ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Author

Mirabaud Securities