Weekly Thoughts

Weekly Thoughts par Mirabaud Securities - 18 octobre 2019

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS : Over the top

Indices européens au plus haut de l’année, Dow Jones à moins d’un pourcent de son plus haut historique ou encore Nikkei à son (haut) niveau de décembre 2018, les indices mondiaux ont pour la plupart été en feu cette semaine. Les raisons principales étant à mettre sur le compte du report de sanctions américaines sur 250 milliards de dollars de biens importés chinois et des lueurs d’espoir sur un soft Brexit. Gageons cependant que ces prochains jours devraient connaître de fortes périodes de volatilité. Cela étant dit, sur la semaine, les principaux indices américains terminent donc en hausse (à jeudi). Même tendance positive pour les indices européens avec des hausses moyennes de près de 0.5% malgré les incertitudes entourant la vigueur économique européenne. En Asie, la majeure partie des indices ont littéralement succombé à l’espoir de voir la Chine et les États-Unis renouer le dialogue commercial puisque le Nikkei a gagné près de 3% (à jeudi). Les indices chinois (Shanghai) ont cependant terminé sans réelle tendance. 

LES CHANGES : La Livre sterling joue l’espoir

Toujours très difficile de s’y retrouver lorsque l’on évoque le Brexit. Cependant plus la date du 31 octobre 2019 approche, plus une solution doit se dessiner. En début de semaine c’est la première fois que l’on a vu une lumière au bout du tunnel lorsque Michel Barnier, ministre de l’Économie française et d’habitude si pessimiste, a parlé d’une « lueur d’espoir » pour un accord. Il n’en fallait pas plus pour que la livre sterling s’apprécie fortement face à un panier de devises internationales. Parmi les membres du G10, la semaine a été marquée par les baisses de la couronne norvégienne, le dollar de Nouvelle-Zélande et le yen. Dans les marchés émergents (toujours face au dollar) on a constaté cette semaine les progressions du peso argentin, du peso mexicain ou encore du zloty polonais. Au niveau des baisses, on notera celles du real brésilien, du peso chilien ou encore du peso colombien.

L'ANIMAL : Le porc

Apparue il y a dix mois en Chine, la fièvre porcine africaine fait des ravages et se diffuse dans les pays limitrophes. Avec ses millions de petites exploitations, la Chine est particulièrement vulnérable. D’après une estimation de la banque agricole hollandaise Rabobank, les pertes pourraient s’élever à 200 millions de bêtes sur l’année 2019, soit le tiers de la production annuelle du premier pays producteur et consommateur de porc au monde avec environ 55 millions de tonnes consommées en 2017. Dans le Shandong, province la plus affectée de Chine, le cheptel a chuté de 41% par rapport à 2018. Craignant un mécontentement populaire, Pékin puise dans ses réserves et augmente ses importations. Mais ces mesures sont insuffisantes au regard de la demande des consommateurs qui s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat. On l’a vu dans les chiffres publiés mardi : les prix du porc ont connu une nouvelle flambée (+69,3% sur un an après +46,7% au mois d'août). La flambée des prix du porc a entraîné un repli des consommateurs sur d'autres viandes. Le prix du bœuf a ainsi bondi de 18,8% sur un an le mois dernier et celui de l'agneau de 15,9%. En étant un gros producteur de porcs et de soja, les États-Unis détiennent deux clés majeures dans les négociations avec les américains. La notion n’est pas seulement théorique mais bien pratique puisque, en septembre 2019 par exemple, lorsque la Chine a décidé de taxer des produits américains, la Chine avait exempté certains produits agricoles importés des États-Unis, notamment le porc et le soja, de surtaxes douanières en représailles aux barrières américaines. Les négociations commerciales dépendraient-elles (aussi) de l’évolution de la fièvre porcine ?

LE THEME : Qe4 or not Qe4

Dans un discours à Denver (Colorado), le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a annoncé que la Fed envisageait l’achat de bons du Trésor à court terme (60 milliards de dollars mensuels jusqu’au deuxième trimestre 2020) pour gonfler ses réserves. Toutefois ces achats d’actifs n’auraient rien à voir avec la politique ultra-accommodante (assouplissement quantitatif ou Qe4) conduite après la crise financière lorsque la Fed avait massivement acheté des bons du Trésor. Il y a 2 différences fondamentales entre un « vrai » Qe et celui suggéré par le président de la Fed : la taille et la durée. Tout d’abord, les rachats d’actifs sont d'une ampleur relativement faible puisque la taille du programme ne devrait être que de quelques 500 de milliards au maximum (la Fed a en effet annoncé son intention d’acheter pour 60 milliards de dollars par mois d’actifs jusqu’au deuxième trimestre 2020). Ensuite le programme de rachat ne portera que sur des titres courts (à moins d’un an). Il n'aura donc pas d'impact sur les taux à moyen et long terme, contrairement aux précédents programmes d'achats (Qe1+2+3). Si ce n’est pas théoriquement un Qe4, il semble que l’on joue un peu sur les mots puisque techniquement, si le département du Trésor américain devait réagir en augmentant ses émissions de bons du Trésor et en réduisant les ventes de titres à plus long terme, cela aurait tendance à exercer une pression à la baisse sur les taux d'intérêt à long terme. Tout comme les Qe1-2 et 3...

LA VALEUR : Soitec

Le spécialiste de la conception et la production de matériaux semi-conducteurs innovants Soitec a réalisé au deuxième trimestre 2019/2020, clos fin septembre, un chiffre d'affaires de 139 millions d'euros (en hausse de 46,4%) et a enregistré une croissance de 40% à périmètre et taux de change constants. Le chiffre d'affaires du premier semestre a atteint 258,5 millions d'euros, en hausse de 38%, soit +30% à périmètre et taux de change constants. La société continue d'anticiper pour l'exercice 2019-2020 une croissance de son chiffre d'affaires à périmètre et taux de change constants autour de 30%. Soitec confirme également attendre une marge d'EBITDA de l'activité électronique autour de 30. L’entreprise confirme ainsi tout le bien que l’on pensait d’elle, même sans annonce sur son développement dans le carbure de silicium qui pourrait lui conférer un nouvel atout de poids.

LES SUJETS EXPLOITÉS

Plusieurs sujets ont été exploités cette dernière semaine et notamment :

Élections présidentielles américaines : comment se préparer ? / Qe or not Qe ? / Attention au blackout / La guerre du porc / Le prix des transports maritimes en feu

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE : Hausse de la TVA = récession ?

SWOT : Sur la sellette

Forces (+)

  • Politiques monétaires très accommodantes
  • Moindre appréhension d’un choc politique/géopolitique
  • Niveau du chômage (États-Unis et Europe)
  • Niveau de liquidité au plus haut depuis 10 ans
  • Confiance des PMEs et des consommateurs aux États-Unis 
  • Vigueur du consommateur américain
Opportunités (+)
  • Croissance américaine (toujours) vigoureuse
  • Flexibilité des Banques Centrales
  • Un Brexit «souple» *
  • Poursuite des effets de la réforme fiscale américaine *
Faiblesses (-)
  • Manque d’investissement en zone euro
  • Performance des entreprises européennes (EPS)
  • Absence de cohésion gouvernementale (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne)
  • Manque de vigueur économique allemande
  • Cible d’inflation qui s’éloigne aux États-Unis
  • Phase de transition de l’économie chinoise
  • Blocage politique aux États-Unis (gouvernement divisé)
Risques (-)
  • Erreur de politique monétaire
  • Un Brexit «dur» *
  • Tensions commerciales
  • Décision surprise du gouvernement italien
  • Evolution du prix du baril de pétrole
  • Creusement du déficit budgétaire américain
  • Evolution du secteur immobilier américain *

* sur la sellette

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressants, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité, ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Author

Mirabaud Securities