Weekly Thoughts

Weekly Thoughts par Mirabaud Securities - 5 avril 2019

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS: Stress, quel stress?

Difficile de voir une quelconque faiblesse à l’horizon puisque les indices mondiaux sont revenus pour la plupart à leurs hauts niveaux de septembre 2018. Qui se soucie réellement aujourd’hui des interrogations concernant l’avenir du Brexit, des relations commerciales entre Washington et Pékin ou encore de la vigueur économique allemande ? La question mérite d’être posée. Nous pensons cependant que tactiquement, il est intéressant de prendre des profits sur les secteurs qui ont le mieux performé tout en rachetant des secteurs sensibles aux faibles taux d’intérêt (utilities, immobilier en Europe ou encore télécom).

Quoi qu’il en soit, le S&P 500 a progressé de près de 1.5% cette dernière semaine et le Nasdaq de 2.5%. En Europe, le S&P 500 a connu un nouveau souffle en progressant de près de 3%. La palme revenant cependant au DAX (+4%) malgré des statistiques économiques inquiétantes. En Asie le Nikkei a profité de la baisse du Yen et le Shanghai Composite des espoirs d’un règlement commercial avec les Etats-Unis.

LES CHANGES: Le Japon fait de résistance

Dans l’univers du G10 (en dollar), c’est le dollar de Nouvelle-Zélande et le Yen qui ont le plus souffert cette semaine. Malgré la forte volatilité de la Livre Sterling et une fin de semaine en baisse, le bilan est légèrement positif. La plus forte progression revenant cependant à la Couronne norvégienne. Signalons que l’Euro n’a pas du tout évolué face au dollar ces 7 derniers jours. Sur les marchés émergents (en dollar toujours), le Rand Sud-Africain a progressé de plus de 2.5%, devant le Peso chilien et le Peso Colombien. Les seules baisses marquées ont été à mettre sur le compte de la Lire turque après les élections locales en Turquie.

LE SECTEUR: La 5G, fantasme ou réalité?

Alors que la 5G n’était qu’un fantasme lors du Salon technologique de Las Vegas en 2016, c’est aujourd’hui une thématique qui connaît une croissance phénoménale. En effet, les économistes estiment que les retombées économiques de la 5G au niveau mondial devraient atteindre 12'000 milliards de dollars en 2035 et employer 22 millions de personnes à mesure que cette technologie permettra de connecter les personnes ensemble et en définitive « à tout ».

L’un des intérêts indéniables de la 5G est bien évidemment l’accélération vers les objets connectés. Cet intérêt n’est plus de l’ordre du fantasme puisque selon les données trouvées sur l’Office Européen des Patentes, le nombre d’applications (de patentes) en relation avec les « objets connectés » a progressé de 54% ces 3 dernières années.

Au lieu de regarder les entreprises qui sont les plus prêtes à « recevoir » la 5G, nous nous sommes plutôt focalisés sur celles qui ont attribué des contributions techniques à la norme 5G lors des conférences spécialisées en expliquant comment elles fonctionnaient et comment la norme 5G sera appliquée dans le futur. À ce jeu-là, Huawei Technologies, l'entreprise chinoise, s'est résolument engagée dans la voie de la domination 5G, devant Ericsson, Hisilicon, Nokia et Qualcomm. Attention cependant à l’impact sur la santé puisque le déploiement de la 5G conduirait à une augmentation générale et massive de l'exposition aux ondes du sans-fil…

LE PAYS: La Turquie

Sans considération politique de notre part, on peut cependant dire que la perte de 2 bastions historiques du parti du gouvernement en place va faire place à une période d’incertitude qui pourrait, dans le plus mauvais cas de figure, avoir des répercussions multiples. Les principaux canaux de contagion seraient probablement les marchés obligataires émergents ainsi que les banques (les plus exposées étant : Intesa San Paolo, BNP Paribas, ING, Unicredit ou encore BBVA. En effet, les obligations turques représentent environ 12 % des obligations en devise forte des marchés émergents et près de 7 % des obligations des marchés émergents libellées en devise locale (basé sur les indices JP Morgan).

LA VALEUR: Tesla

C’est la douche froide pour Elon Musk. À la publication de ses chiffres mercredi soir, Tesla a averti qu’en raison des volumes de livraison inférieurs aux prévisions et de plusieurs ajustements de prix, la société prévoit maintenant que le bénéfice net du premier trimestre subira une incidence négative. Il n’en fallait pas plus pour que la majeure partie des banques et des courtiers (RNS, JP Morgan, Morgan Stanley et Goldman Sachs) qui suivent le titre abaissent leurs estimations sur le constructeur de voiture électrique. Conséquence directe : à l’ouverture jeudi soir, le titre perdait près de -10%. Les investisseurs craignent maintenant que les soutiens financiers d’Elon Musk commencent à perdre confiance et que le titre s’effondre littéralement. Rappelons ici que l’entreprise est très endettée…   

LES SUJETS EXPLOITÉS

Plusieurs sujets ont été exploités cette semaine et notamment:
Bilan de mars / La Turquie est-elle un game changer ? / La 5G, danger ou opportunité ? / Soyons tactique: Investissons ! / Vague de consolidations sur le secteur bancaire

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE : Il y a inflation et inflation

SWOT: Sur la sellette

« Cible d’inflation touchée aux Etats-Unis » (Forces) après la publication cette semaine du CPI où on a constaté que l'inflation s’était réduite à 1,5% en revenant ainsi à son niveau de septembre 2016 soit largement en-dessous des 2% prévus par la Fed. La publication du PPI de février a aussi été une déception.

« Inversion de la confiance des PMEs et des consommateurs aux Etats-Unis » (Faiblesse) après la bonne tenue de la statistique de l’Université du Michigan. La fin du shutdown devrait gommer les excès à la baisse que nous avons connu en début d’année.

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressant, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Author

Mirabaud Securities