Weekly Thoughts

Weekly Thoughts by Mirabaud Securities

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS : Plus mauvaise semaine depuis décembre ?

La semaine (au vendredi) a été marquée par une prise de profit sur les indices américains après une réunion de la BCE considérée comme dovish. Le S&P 500 n'a pas pu maintenir son niveau clé des 2’800 points. Cette cassure pourrait indiquer un retour technique sur les 2’640 points. Les hedges funds CTAs sont en ordre de marche et pourraient inverser le momentum haussier que nous connaissons depuis le 24 décembre 2018. La question est maintenant de savoir si nous sommes en train d’assister à une consolidation avant un nouveau rebond ou si une correction de près de -10% pourrait voir le jour. En Europe, alors que l'EuroStoxx50'a baissé que de 0,2 % (en monnaie locale) cette semaine, le SMI a souffert de la hausse du franc suisse, qui a pénalisé les valeurs exportatrices. Enfin, en Asie, on notera que les indices chinois ont finalement plié l’échine (-0.7% pour le Shanghai Composite par exemple) malgré des injections majeures de liquidité de la banque centrale.

LES CHANGES : La Scandinavie sous pression

Parmi les devises du G10, ce sont les scandinaves qui ont le plus souffert cette semaine face au dollar. On citera par exemple la couronne norvégienne, mais aussi la danoise et la suédoise. C’est cependant l’Euro qui a marqué les esprits en passant en-dessous des 1.12 (face au dollar toujours) après la réunion de la BCE. Le Yen est la seule devise à avoir tenu la tête hors de l’eau. Parmi les marchés émergents (face au dollar), on notera la baisse du Peso argentin (qui touche son plus bas niveau historique après une poussée de fièvre de l’inflation), du Real brésilien, du Rand sud-africain ou encore de la Lire turque. La Roupie indienne est la seule devise émergente à avoir progressé cette semaine.  

LE SECTEUR : Luxe

LVMH, Gucci ou encore Moncler, on ne calcule plus le nombre d’acteurs du luxe qui donnent dernièrement des signaux optimistes sur ce secteur contrairement à l’appréhension et la tendance générale. Plusieurs éléments pourraient alimenter la hausse des valeurs du secteur : Le e-Commerce, les jeunes chinois, les milléniaux aux Etats-Unis, le développement du marketing sur les réseaux sociaux et une consolidation des « magasins physiques ». S’il y a bien évidemment des risques (géopolitique, évolution des devises, ralentissement de la croissance ou encore risques commerciaux), il faudra être extrêmement sélectif en pariant plutôt sur les chaussures, les bijoux et les sacs. Le secteur des montres de « milieu de gamme » pourrait cependant encore souffrir ces prochains mois.

LA BANQUE CENTRALE : La BCE

La Banque centrale européenne a nettement abaissé jeudi son pronostic économique concernant la zone euro pour cette année et les deux suivantes, abaissant à la fois ses prévisions de croissance et d'inflation. La BCE n'attend plus que 1,1% de croissance en 2019 pour l'ensemble de la zone et 1,6% en 2020, contre 1,7% pour les deux années lors de ses précédentes prévisions communiquées en décembre. Pour 2021, elle table toujours sur 1,5%. La BCE a également abaissé ses prévisions d'inflation à 1,2% cette année, 1,5% l'an prochain et 1,6% en 2021, contre respectivement 1,6%, 1,7% et 1,8% annoncés en décembre. Elles suggérèrent implicitement que l’objectif de l’institution de Frankfurt ne sera pas atteint avant au-moins 2022 et donc que les taux ne remonteront pas de sitôt. L’institution de Frankfurt a aussi annoncé de nouvelles mesures de soutien en faveur de la liquidité (TLTRO3) et a changé d'horizon de hausse de taux (« pas avant la fin 2019 » contre « au moins jusqu’à l’été 2019 »)).

LA VALEUR : Deutsche Bank

Les analystes à Wall Street sont de plus en plus négatifs concernant la Deutsche Bank, En effet 31 des 32 analystes couvrant la société ne suggèrent pas d'acheter la banque allemande. 18 conseillent de "vendre", 13 de "conserver" et un seulement d’"acheter". Le seul analyste qui recommande la Deutsche Bank à l’achat (Bankhaus Lampe) n'a pas une seule notation à la vente dans son univers de couverture…. La banque allemande fait face à un certain nombre de problèmes, notamment une perte de 1,6 milliard de dollars sur une opération d'obligations municipales, des coûts de financement accrus et une foule de requêtes en justice. Au cours de la dernière décennie, la banque a payé plus de 18 milliards de dollars en amendes, soit un montant supérieur à sa capitalisation boursière actuelle (16 milliards de dollars). Suite à un certain nombre de scandales, les bonus de nombreux employés vont être sévèrement réduits à New York ou encore à Londres.

LES SUJETS EXPLOITES

Plusieurs sujets ont été exploités cette semaine et notamment : Bilan de février / Faut-il revenir sur le secteur du luxe ? / Investir dans la Gen Z / Beige book / Réunion de la BCE.

N’hésitez pas à me redemander ces études !

Le graphique de la semaine : Les écarts vont se creuser

LE SWOT

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressant, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Auteur

Mirabaud Securities