« La Banque privée genevoise Mirabaud a fait progresser ses résultats en 2025, en dépit d'un contexte de taux défavorable. La demande des Clients devenant plus ciblée, l'établissement se recentre sur son cœur de métier et sur les marchés prioritaires, avec en parallèle la finalisation de son programme de transformation numérique, explique l'Associée gérante, Camille Vial.
AWP : Au premier semestre, vous affichiez des revenus en repli, dû aux baisses des taux qui ont rogné sur la marge d'intérêts. Comment s'est déroulé le second semestre ?
Camille Vial : Nos revenus ont en effet été impactés l'an dernier par le recul de la marge d'intérêts, lié à la baisse des taux. A périmètre comparable en 2024, c'est-à-dire en excluant les effets liés à l'arrêt de notre activité de courtage, nous constatons néanmoins une stabilité de nos revenus de commissions de même qu'une activité dynamique du côté du courtage, reflet de la bonne santé de notre cœur d'activité, à savoir la gestion de fortune pour les Clients privés et la gestion d'actifs pour les investisseurs institutionnels. Nous parvenons ainsi, avec une stricte maîtrise de nos coûts, à dégager un bénéfice net en hausse. Par ailleurs, notre bilan reste solide et équilibré, et nous avons renforcé encore notre ratio de fonds propres CET1, nous positionnant parmi les banques les mieux capitalisées de Suisse.
AWP : Comment avez-vous géré la baisse des avoirs sous gestion attribuée précédemment à la concentration des activités de gestion de fortune et par la dépréciation du dollar ?
C.V. : Outre la dépréciation du dollar qui est venu en effet impacter notre masse sous gestion, que nous publions en francs, ce résultat traduit surtout notre décision stratégique de se recentrer, dans nos activités de Banque privée, sur nos marchés prioritaires que sont la Suisse, l'Europe, le Moyen-Orient et le Latam (Amérique centrale et du Sud). Sur ces marchés, nous avons notamment entrepris de renforcer notre gouvernance, cela a été le cas au Luxembourg, avec l'arrivée d'une nouvelle directrice générale (CEO), Emilie Serrurier, et à Dubaï avec Georges Khoueiri. Ces changements témoignent de notre volonté d'accélérer notre développement sur nos marchés prioritaires, après une importante phase de transformation, qui a permis de consolider les fondations.
AWP : Question investissements, les dépenses pour le développement de l'infrastructure numérique ont été doublées en cours de route. Où en êtes-vous dans cette transformation et quels sont les autres sujets à venir ?
C.V. : Ce développement en cours constitue un projet ambitieux de transformation technologique et digitale de notre Banque, et elle est unique à ce jour sur la place helvétique. En remplaçant l'ensemble de notre plateforme cœur et de nos systèmes front-office par des solutions cloud de nouvelle génération, nous allions sécurité, agilité et qualité de service personnalisée. Pour cela, nous consentons des investissements à la hauteur de ce projet d'ampleur, l'un des plus importants de l'histoire de notre Maison. Ce projet prend du temps, mais la vitesse n'est pas une stratégie. Aujourd'hui, nous sommes satisfaits du périmètre couvert et mobilisons l'ensemble de nos ressources pour son déploiement, avec l'ambition de présenter cette nouvelle infrastructure à nos Clients l'année prochaine.
AWP : Comment se portent vos affaires depuis le début de l'année et qu'attendezvous pour le reste de l'exercice ?
C.V. : Nous enregistrons une activité commerciale soutenue, en particulier en Europe, avec une collecte nette positive auprès de notre clientèle privée et des gérants de fortune indépendants. Nous constatons également un appétit marqué pour des opportunités plus ciblées, comme en témoigne le succès de certains de nos club deals (offre d'opportunités d'investissements). Du côté de la gestion d'actifs, la tendance est également bien orientée, avec des souscriptions institutionnelles solides sur nos principales stratégies actives, notamment sur les petites et moyennes capitalisations suisses et européennes. Pour la suite de l'exercice, nous restons confiants tout en étant lucides sur un environnement qui devrait demeurer volatil. Dans ce contexte, la discipline d'investissement et la gestion rigoureuse des risques seront plus que jamais essentielles. Grâce à la diversification de nos expertises, nous sommes idéalement positionnés pour accompagner nos Clients et capter les opportunités qui se présenteront.
AWP : Avec la guerre au Moyen-Orient, observez-vous des afflux ou reflux ? Comment organisez-vous vos activités et effectifs dans la région ?
C.V. : A ce stade, nous n'observons pas de mouvements dans les flux. Notre priorité reste d'assurer la sécurité de nos collaborateurs, la continuité de nos services et une proximité étroite avec nos Clients. Notre bureau de Dubaï demeure pleinement opérationnel, avec des équipes présentes sur site et à distance, conformément aux recommandations locales. Les Émirats arabes unis restent un hub stratégique pour nous, au cœur de notre dispositif entre le Moyen-Orient et l'Europe. Dans cet environnement, nous nous concentrons sur l'accompagnement de nos Clients, avec une organisation agile et la solidité du Groupe, qui nous permet de nous adapter en permanence aux évolutions de la situation.»

