Résilience de la croissance mondiale
L’environnement économique mondial reste bien orienté malgré des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, des conditions financières restrictives et des prix de l’énergie toujours élevés. Les indicateurs d’activité suggèrent
que la croissance mondiale continue de résister à ces différents chocs, soutenue par la solidité de la consommation et du cycle d’investissement.
Les enquêtes auprès des directeurs d’achat continuent d’ailleurs de signaler une amélioration de l’environnement économique. Les indices PMI mondiaux progressent et les carnets de commandes se redressent progressivement. Cette
dynamique est visible dans la plupart des grandes régions économiques, y compris en Europe où les inquiétudes liées à l’énergie demeurent importantes.
Aux États-Unis, l’activité reste soutenue par la résilience du consommateur américain et par le cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle. Les dépenses liées aux centres de données, aux semi-conducteurs et aux infrastructures numériques continuent d’alimenter la demande et contribuent au dynamisme du cycle mondial.
Dans ce contexte, notre scénario central demeure celui d’une reflation modérée. La croissance mondiale devrait rester solide tandis que l’inflation demeure supérieure aux objectifs des banques centrales sans remettre en cause le cycle économique. Les risques de stagflation restent contenus à ce stade mais ne peuvent toujours pas être exclus en cas de nouvelle détérioration significative de l’environnement énergétique.
“La croissance mondiale devrait rester solide tandis que l’inflation demeure supérieure aux objectifs des banques centrales sans remettre en cause le cycle économique”
- Marie Thibout, Economiste & Stratégiste Senior
Les dernières réunions des banques centrales ont confirmé cette lecture. La Réserve fédérale comme la Banque centrale européenne ont souligné que les risques inflationnistes demeuraient orientés à la hausse. La vigueur de la demande, le cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle ainsi que les tensions persistantes sur les marchés de l’énergie continuent d’alimenter les préoccupations inflationnistes. Dans ce contexte, la résilience de l’économie mondiale face à des taux d’intérêt élevés n’est actuellement pas remise en question. L’attention se concentre surtout sur le niveau de restriction monétaire encore nécessaire pour ramener durablement l’inflation vers sa cible.
Des points d’entrée plus attractifs sur les marchés obligataires
Le ton plus restrictif adopté par les banques centrales et la remontée des anticipations de taux ont entraîné une correction significative des marchés obligataires au cours des dernières semaines. Les rendements souverains ont sensiblement progressé, ramenant les taux de rendement réels à des niveaux très attractifs. Le taux souverain américain à 10 ans a ainsi terminé le mois de septembre plus de 53 points de base plus haut, à 5.3%. Si nous restons prudents sur les obligations gouvernementales de longue maturité compte tenu des risques persistants liés à l’inflation et à la dégradation des finances publiques, nous avons réduit de plus de moitié notre sous-pondération obligataire à travers l’achat d’obligations souveraines de courte et moyenne maturité, sur des points d’entrée attractifs.
Les marchés actions continuent d’être soutenus par la résilience de la croissance mondiale et des perspectives bénéficiaires dynamiques. Dans ce contexte, nous conservons notre préférence pour les actions américaines, dont les anticipations de bénéfices demeurent plus favorables que dans les autres grandes régions. Alors que la remontée des prix de l’énergie pourrait peser sur certaines marges au cours des prochains trimestres, nous avons réduit une partie de notre biais cyclique sectoriel. Nous maintenons notre vue positive sur le secteur technologique et le secteur énergétique.
L’environnement est plus constructif pour le dollar américain. Le différentiel de taux est désormais plus favorable, tandis que l’économie américaine continue d’afficher une dynamique supérieure à celle des autres grandes régions. Enfin, nous conservons notre exposition à l’or. Les achats des banques centrales, les interrogations autour de la soutenabilité des finances publiques et les incertitudes géopolitiques continueront de soutenir le prix du métal jaune.

