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L’efficace lifting des sociétés minières

L'Agefi, 27 février 2017 - Leur programmes d’assainissement révèlent des résultats impressionnants. Ces groupe redeviennent même compatibles avec une notation «investment grade».

Depuis quelques semaines, la littérature sur la résilience des marchés émergents foisonne. Les fondamentaux s’améliorent, les performances ont le vent en poupe et les flux retrouvent le chemin de ces marchés temporairement délaissés au lendemain de l’élection de M. Trump. Quelle autre grille de lecture utiliser pour observer ce phénomène?

L’analyse du spectaculaire redressement des sociétés du secteur «mines et métaux» offre une lecture alternative. Alors qu’il y a un peu plus d’un an, les Anglo American, Glencore et autre Vale plongeaient en bourse, Glencore avait notamment vu le cours de son titre passer de 300 pences à 70 pences, leur performance depuis février 2016 a gommé ces dévissages.

Le point d’inflexion coïncide avec les révisions des agences de notation qui avaient déclassé de nombreuses sociétés en «high yield»: effondrement du prix des matières premières, chute libre des résultats et un niveau d’endettement trop élevé expliquent la dégradation des notes.

De nombreuses sociétés ont réagi rapidement et avec efficacité: programmes de cessions d’actifs, de réduction des coûts et repositionnement stratégique. Des programmes drastiques qui, à peine un an après leur lancement, révèlent des résultats impressionnants.

Anglo American a pulvérisé tous les objectifs que le management s’était fixé en février 2016. La dette, qui devait être réduite à 10 milliards de dollars, se situe à 8,5 milliards et va continuer d’être réduite (objectif 2017: 7 milliards).

Les résultats financiers sont dans la même veine avec un EBITDA de 6,1 milliards (objectif 4,5 milliards) et un FCF de 2,6 milliards (objectif 2,2 milliards). Si l’amélioration des ratios financiers les rend compatibles avec une notation «investment grade», une stabilisation sera nécessaire avant d’envisager cette révision. A cela s’ajoute l’étonnante décision du management de revenir sur son nouveau positionnement stratégique. Après avoir choisi de se focaliser sur trois secteurs il y a un an (cuivre, platine, diamants), le management revient sur son plan de cession et conserve les activités de charbon et de nickel. Une décision qui étonne et soulève des questions qui nous rappelle que la gestion du risque spécifique demeure une priorité.

Chez Glencore la situation s’est aussi améliorée au point que le groupe envisage de payer un dividende extraordinaire pour récompenser des actionnaires qui ont subi deux années difficiles. Le groupe envisage même des acquisitions ciblées compte tenu de la robustesse de sa structure financière! Les groupes miniers peuvent se targuer de leur réactivité et leurs efforts ont indiscutablement été considérables. Mais le retour en force des marchés émergents et la reprise du prix des commodities dans ce retour en grâce ne doivent pas être négligés.

Par Catherine Reichlin, Responsable Recherche Financière, Mirabaud & Cie. Paru dans L'Agefi le 27 février 2017. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de Mirabaud au moment de sa publication. Ce document a un but informatif uniquement et ne représente en aucun cas une offre de conclure ou un conseil en investissement.  Le contenu de cette publication est susceptible d’être révisé en tout temps et ne saurait en aucun cas engager la responsabilité de Mirabaud.