Weekly Thoughts

Weekly Thoughts par Mirabaud Securities - 06 décembre 2019

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS : L’échéance s’approche

Pas une journée ne passe sans que les investisseurs ne fassent référence à l’échéance du 15 décembre. Cette date est effectivement synonyme de mise en place, ou non, de nouvelles taxes sur les produits importés chinois. Si tel devait être le cas, les marchés actions connaîtraient, sans surprises, une forte correction et amputeraient alors la performance des portefeuilles des investisseurs. L’ombre de la fin 2018 est dans l’esprit de tout le monde. Quoi qu’il en soit, sur la semaine, les principaux indices américains terminent donc en légère baisse. Même tendance négative pour les indices européens avec des baisses moyennes de près de 0.5% avec les incertitudes entourant l’avenir des relations commerciales entre Washington et Pékin. À noter la forte baisse (-2%) du FTSE après la publication de plusieurs sondages laissant entendre que les Tories devraient remporter les élections législatives du 12 décembre. En Asie, la majeure partie des indices n’ont pas réellement connu de tendance, aussi dans l’attente de l’échéance du 15 décembre.

LES CHANGES : Le dollar ne fait plus recette

La tendance haussière du dollar serait-elle en train de s’inverser ? La question mérite d’être posée après que le billet vert ait baissé tout au long de la semaine face à la majeure partie des devises. Il a suffi de PMIs meilleurs qu’attendus en zone euro et d’un ISM manufacturier en dessous des attentes aux États-Unis pour que l’euro se réveille. Tous les membres du G10 ont donc progressé cette semaine face au dollar. Dans les marchés émergents, même tendance (toujours face au dollar) avec cependant des baisses pour le won sud-coréen et le baht thaï.

LE THEME : La chimie

Vous n’êtes pas sans savoir que nous parions sur une stabilisation voire un redémarrage de l’économie européenne en 2020. Si les derniers PMIs manufacturiers, composites et des services (notamment allemands) de novembre ont déjà montré des signes d’amélioration, un indicateur avancé qui m’est cher, le secteur de la chimie, va dans le sens de nos prévisions. Un an après avoir dégradé ses prévisions d'activité pour 2019 en évoquant des tensions commerciales et un ralentissement de la demande dans l'industrie (notamment automobile), la fédération allemande de la chimie VCI a annoncé s’attendre à une année 2020 proche de la stagnation après le net recul de son activité cette année. On constate que depuis le début du siècle, le secteur de la chimie (et en l’occurrence BASF) a été un indicateur avancé qu’il aurait fallu suivre, car il a à chaque fois anticipé de quelques semaines la baisse de la croissance américaine ainsi que des nouveaux ordres de la Fed de Philadelphie (un indicateur de la vigueur économique américaine). Certains l’avaient oublié, mais le secteur produit des biens intégrés (bois, papiers et cartons et chimie, caoutchouc et plastique) est en amont du processus de production des autres secteurs. La chimie en tant qu’indicateur avancé est largement sous-estimé. Il convient donc de suivre son évolution de près. Nous le rappelions en 2018, si on s’en tenait aux chiffres et rien qu’aux chiffres, 2019 allait être l’année de la décélération de la vigueur économique mondiale et notamment en Allemagne. Les statistiques économiques l’ont confirmé et prouvé. L’année 2020 devrait donc signer l’année de la reprise (modérée).

LE PAYS : L’Allemagne

Les élections allemandes au sein du SPD du week-end dernier ont apporté de nouvelles surprises qui pourraient potentiellement faire tomber le gouvernement en place. Si tel devait être le cas, de plus en plus d’investisseurs pensent que nous pourrions avoir un retour des dépenses publiques. Après avoir obtenu plus de 53% des voix des 425'000 membres, ces tenants de l'aile gauche du parti ont dit vouloir renégocier l'accord de coalition pour mettre davantage l'accent sur la justice sociale et remodeler la politique gouvernementale du gouvernement. Le lancement d’élections anticipées pourrait être très risqué pour le SPD. En effet, si le parti social-démocrate avait recueilli 20% des voix en 2017, les sondages lui attribuent à peine 14% des intentions de vote. Rappelons que l'opinion publique demeure hostile à l'augmentation des dépenses et aux politiques monétaires accommodantes qui diluent la rentabilité de l'épargne. La question des dépenses publiques est bien évidemment cruciale. En effet, le SPD, en bon parti social-démocrate, propose avant tout d’accroître les dépenses publiques via notamment l’augmentation du salaire minimum (pour qu’il passe à douze euros), ou encore investir davantage dans la transition climatique et les infrastructures. Il faudrait cependant une large majorité gouvernementale pour qu’une modification du budget soit ratifiée avant les élections législatives de 2021. Nous n’y croyons toujours pas. Rappelons ici que l’Allemagne connaît le plein emploi et qu’une réforme de l’infrastructure prend en général entre 7 et 10 … ans !

LE SECTEUR : La distribution américaine

Les ventes du Cyber Monday ont atteint un nouveau record historique de 9,2 milliards de dollars, selon les estimations, après un Black Friday lui aussi sans précédent pour les détaillants américains, notamment grâce à des promotions lancées plus tôt que d'habitude et à la livraison gratuite. Adobe Analytics, qui étudie les données de 80 des 100 plus gros détaillants US, estime que 72,1 milliards de dollars ont été dépensés en ligne au cours du mois se terminant le 1er décembre. Quant au Cyber Monday, traditionnellement la plus importante journée de shopping en ligne de l'économie américaine, les ventes avaient enregistré une hausse de 16,9% par rapport à l'année précédente, à minuit. Amazon et d’autres grands noms tels que Target et Walmart s’étaient préparés à profiter de l'événement, en renforçant les services de livraison pour répondre plus rapidement aux commandes en ligne. La collecte en magasin des commandes en ligne s'est également simplifiée chez plusieurs détaillants. Adobe a également déclaré que 3 milliards de dollars des ventes estimées proviendraient des smartphones, un nouveau record américain.

LES SUJETS EXPLOITÉS

Plusieurs sujets ont été exploités cette dernière semaine et notamment :

Bilan de novembre / Le gouvernement allemand en péril / Le 60/40 renaît de ses cendres / La chimie nous envoie un nouveau message / L’économie circulaire a un bel avenir

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE : Gagnants et perdants

LE SWOT : Sur la sellette

Forces (+)

  • Politiques monétaires très accommodantes
  • Moindre appréhension d’un choc politique/géopolitique
  • Niveau du chômage (États-Unis et Europe)
  • Niveau de liquidité au plus haut depuis 10 ans
  • Confiance des PMEs et des consommateurs aux États-Unis 
  • Vigueur du consommateur américain
Opportunités (+)
  • Croissance américaine (toujours) vigoureuse
  • Flexibilité des Banques Centrales
  • Un Brexit «souple» *
  • Poursuite des effets de la réforme fiscale américaine *
Faiblesses (-)
  • Manque d’investissement en zone euro
  • Performance des entreprises européennes (EPS)
  • Absence de cohésion gouvernementale (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne)
  • Manque de vigueur économique allemande
  • Phase de transition de l’économie chinoise
  • Blocage politique aux États-Unis (gouvernement divisé)
Risques (-)
  • Erreur de politique monétaire
  • Un Brexit «dur» *
  • Tensions commerciales
  • Evolution du prix du baril de pétrole
  • Creusement du déficit budgétaire américain
  • Evolution du secteur immobilier américain *
  • Cible d'inflation qui s'éloigne aux États-Unis

* sur la sellette

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressants, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité, ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Author

Mirabaud Securities