Weekly Thoughts

Weekly Thoughts par Mirabaud Securities - 27 septembre 2019

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS : Le retour de la volatilité

Tensions commerciales, lancement d’une procédure de destitution à l’encontre du président Trump, risque sur le repo aux États-Unis ou encore digestion de la réunion de la Fed, la semaine écoulée fut pleine de rebondissements et de volatilité. Quoi qu’il en soit, sur la semaine, les principaux indices américains terminent (à jeudi soir) sans tendance notoire. Les indices européens quant à eux ont fini en baisse suite au risque sur le Brexit et à la publication de statistiques économiques allemandes maussades. En Asie, la majeure partie des indices n’ont pas connu de mouvement clair, tiraillé entre une accalmie à Hong-Kong et des questions sur les relations commerciales entre Washington et Pékin.

LES CHANGES : La livre sterling

Si la Cour suprême britannique a annulé l'ajournement du Parlement, Boris Johnson est reparti sur son cheval de bataille en mettant au défi en milieu de semaine l'opposition de voter une motion de défiance, afin de débloquer la crise sur le Brexit. Cela s’est traduit par une faiblesse de la livre sterling face au dollar. Parmi les membres du G10, la semaine écoulée a vu une détente sur la couronne danoise. Au niveau des hausses, notons la couronne norvégienne ou encore le dollar australien. Dans les marchés émergents, même tendance (toujours face au dollar) avec les progressions notoires de la lire turque ou encore du peso argentin.

LE POLITICIEN : Donald Trump

Cela fait depuis des semestres que l’on attendait l’annonce : les Démocrates ont lancé une procédure de destitution à l’encontre de Donald Trump. Cependant le chemin est encore long. Tout d’abord il faut savoir que la Constitution prévoit que le Congrès peut uniquement destituer le Président en cas de « trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs ». Ensuite il y a deux étapes pour pouvoir destituer Donald Trump. Tout d’abord, la Chambre des représentants enquête et vote, à une majorité simple (218 voix sur 435), les articles de mise en accusation détaillant les faits reprochés au président. En cas de mise en accusation, le Sénat, chambre haute du Congrès, procède au procès du président. Au terme des débats, les 100 sénateurs votent sur chaque article. Il faut une majorité de deux tiers pour condamner, auquel cas la destitution est automatique et sans appel. Autrement, le président est acquitté. Très important de noter que les décisions de destitution ne sont pas contrôlées par le pouvoir judiciaire, mais seulement par le Congrès. Historiquement, il n’y a eu que 3 procédures de destitution contre des présidents : Andrew Johnson en 1868, Bill Clinton en 1998 et Richard Nixon en 1973.

LE METAL : Le platine

Alors que des signes d’apaisement commercial entre Washington et Pékin sont de plus en plus évidents, les prix du palladium, contrairement à ceux de l’or, ont atteint un sommet sans précédent vendredi, en raison des inquiétudes suscitées par la rareté des stocks de ce métal, d'éventuels problèmes de main-d'œuvre dans les mines sud-africaines et d’un violent mouvement de spéculation. Fin mars dernier, le directeur général du groupe minier Anglo American, qui produit du palladium, avait déjà prévenu que le produit connaissait « une bulle ». Nous pensons ici qu’il y a une alternative d’investissement (que nous avons déjà mis en avant il y a plusieurs mois de cela) qui continue à faire aujourd’hui du sens : le platine. Plus lourd et plus résistant que l'or, le platine dans des quantités très faibles aide aujourd'hui à la fabrication de médicaments anticancéreux et aussi dans la manufacture d'électrodes pour les bougies d'allumage de voitures. Avec une demande industrielle plus importante que pour l'or, le marché d'investissement du platine est beaucoup plus réduit. Ce métal est utilisé pour les catalyseurs, la bijouterie, la santé, l’industrie et le pétrole (dans les raffineries).

LA VALEUR : Philip Morris

Les deux premiers cigarettiers du monde, Altria et Philip Morris International, ont renoncé à leur projet de fusion qui avait été annoncé fin août, face à une réaction réglementaire contre les vapotages. La fusion aurait créé un mastodonte pesant plus de 200 milliards de dollars en Bourse, 55 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 15 milliards de dollars de bénéfices. Le directeur général du fabricant de cigarettes électroniques Juul a démissionné mercredi à la suite de cet échec. Juul Labs, dans lequel le géant du tabac Altria Group (LUN) détient une participation de 35%, fait l’objet d’un examen minutieux sur son marché national, alors que l’utilisation des cigarettes électroniques par les adolescents augmente. La société, qui fait l’objet d’une interdiction américaine sur certains produits, a annoncé mercredi la suspension de toute publicité dans le pays.

LES SUJETS EXPLOITÉS

Plusieurs sujets ont été exploités cette dernière semaine et notamment :

Plutôt Platine ou Palladium ? / La crise du repo annonce-t-elle un Qe4 ? / Le retour du conundrum / Proche de la bulle immobilière ? / Une démission qui pose des questions

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE : No comment

SWOT : Sur la sellette

« Brexit souple ou dur » (opportunités et risques) après le report du Brexit au 31 octobre.

« Poursuite des effets de la réforme fiscale américaine » (opportunités). Les effets de la réforme fiscale américaine de début 2018 commencent à s’estomper. 

Forces (+)
  • Politiques monétaires très accommodantes
  • Moindre appréhension d’un choc politique/géopolitique
  • Niveau du chômage (États-Unis et Europe)
  • Niveau de liquidité au plus haut depuis 10 ans
  • Confiance des PMEs et des consommateurs aux États-Unis 
  • Vigueur du consommateur américain
Opportunités (+)
  • Croissance américaine (toujours) vigoureuse
  • Flexibilité des Banques Centrales
  • Un Brexit «souple» *
  • Poursuite des effets de la réforme fiscale américaine *
Faiblesses (-)
  • Manque d’investissement en zone euro
  • Performance des entreprises européennes (EPS)
  • Absence de cohésion gouvernementale (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne)
  • Manque de vigueur économique allemande
  • Cible d’inflation qui s’éloigne aux États-Unis
  • Phase de transition de l’économie chinoise
  • Blocage politique aux États-Unis (gouvernement divisé)
Risques (-)
  • Erreur de politique monétaire
  • Un Brexit «dur» *
  • Tensions commerciales
  • Décision surprise du gouvernement italien
  • Evolution du prix du baril de pétrole
  • Creusement du déficit budgétaire américain
  • Evolution du secteur immobilier américain

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressants, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité, ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Author

Mirabaud Securities