Weekly Thoughts

Weekly Thoughts par Mirabaud Securities - 10 mai 2019

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS: Un tweet et tout s’en va

Il n'aura fallu que 215 jours à l'indice S&P pour revenir à ses plus hauts historiques après sa dégringolade de plus de 20% de la fin 2018. A titre de comparaison il aura fallu plus de 25 ans aux marchés américains pour effacer les pertes, elles aussi supérieures à 20%, du krach de 1929.

Après ces sommets cependant, les Tweets menaçants de Donald Trump à l’encontre de la Chine ont refroidi la tendance haussière. En Dollar, les principaux indices américains ont fini entre 1.5 et 2% de baisse dans l’attente d’une issue favorable (ou non) des tensions commerciales entre Washington et Pékin. En Europe, sur cette dernière semaine et en devise locale, le SMI a fait office d’indice refuge en perdant seulement 2%. La palme de la plus forte baisse a été à mettre sur le compte du CAC 40 et de de l’OMX suédois. Enfin, au niveau des pays asiatiques, la Chine connaît une véritable semaine cauchemardesque avec une baisse de près de 8% pour le Shenzhen Composite. Le Nikkei limite la casse en perdant … -3.5%. Maigre consolation.

LES CHANGES: Le Yen, valeur refuge par excellence

Cette semaine de volatilité et de baisse des marchés aura donné un véritable coup de fouet (au sein des membres du G10) au Yen qui a véritablement fait office de valeur refuge en étant la seule devise en hausse (en Dollar). Pour mémoire, le Yen japonais est la troisième monnaie la plus échangée sur le marché des changes après le Dollar et l’Euro. Les échanges entre Yen et Dollar constituent d’ailleurs 20% des volumes de monnaie échangés. La monnaie japonaise jouit donc d’une vigueur remarquable.

Les plus fortes baisses ont été à mettre sur le compte de la Livre Sterling, du dollar de Nouvelle Zélande et de la Couronne suédoise. Au niveau des marchés émergents, la Lire Turque a perdu plus de 4% face au Dollar sur la semaine, devant le Peso colombien et argentin. N’oublions pas que l lire turque se traitait en 2014 à 2.30 lire pour 1 Dollar alors qu’aujourd’hui elle se traite à 6.23 lires pour 1 Dollar. Les seules légères hausses ont été à mettre sur le compte du Bhat Thaïlandais, le Real brésilien et du Rouble russe.

LE SECTEUR: Semiconducteurs à risque

Le 25 avril dernier, le deuxième fabricant mondial de semi-conducteurs, le sud-coréen SK Hynix (qui compte parmi ses clients l'américain Apple ou le chinois Huawei Technologies), a publié, pour le premier trimestre 2019 une baisse de 69% de son bénéfice opérationnel en raison de la baisse des prix des puces mémoire. Les fabricants sud-coréens de puces, Samsung en tête, avaient réalisé des bénéfices record ces dernières années alors que les prix de leurs produits s'envolaient. Mais la demande commence à décroître alors que l'offre mondiale augmente, après les milliards de dollars d'investissements consentis par les fabricants pour ouvrir de nouvelles usines.

La clé pour déterminer l’évolution du secteur est bien évidemment d’analyser l’avenir des mémoires Drams. En effet, avec 99,4 milliards de dollars, le marché des mémoires Drams était de loin la plus grande catégorie de produits du secteur des semiconducteurs en 2018, dépassant de 40,0 milliards de dollars le marché des mémoires flash NAND. Selon IC Insights, en 2019, le marché des mémoires devrait chuter de 24%. La forte baisse du marché de la mémoire devrait entraîner une baisse de 9% de la croissance totale du marché des circuits intégrés. Si l’on exclut les mémoires, le taux de croissance total du marché des circuits intégrés devrait être de 0% cette année.

On peut ainsi percevoir des risques baissiers puisque d’une part les prix des mémoires NAND ont déjà commencé à fléchir et d’autre part la visibilité sur les mémoires DRAM devrait continuer à se réduire au-delà du premier trimestre 2019.

LE PAYS: La Chine

À quel jeu joue la Chine ? La question mérite d’être posée si on se positionne du côté des américains. En effet, selon Reuters, un câble diplomatique en provenance de Pékin serait arrivé à Washington tard vendredi soir, avec des modifications systématiques au projet d'accord commercial de près de 150 pages qui annihilerait plusieurs mois de négociations entre les deux plus grandes économies du monde. Ce sont ces multiples modifications qui auraient mis le feu aux poudres et été à la base du Tweet de colère de Donald Trump.

Les sources de Reuters ont indiqué que le document renvoyé par Pékin serait truffé de revirements par rapport à ce qui avait été négocié jusque-là, Notamment, la Chine aurait renoncé à modifier ses lois dans les domaines qui constituent les principales pierres d'achoppement avec les Etats-Unis, comme la propriété intellectuelle, les manipulations de change ou les transferts de technologie forcés.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, toutes les options sont encore sur la table et bien peu sont ceux qui peuvent prédire d’issue des négociations commerciales qui vont encore faire couler beaucoup d’encre car les chinois ont plus tour dans leur sac…

LA VALEUR: Amazon

Amazon est notre valeur de la semaine après que Warren Buffett ait révélé la prise de participation de sa holding dans le groupe géant du e-commerce. La capitalisation du groupe a ainsi atteint 996 milliards de dollars, se rapprochant du seuil symbolique de 1’000 milliards de dollars. Pourtant réputé pour n’avoir jamais été convaincu des valeurs technologiques (si on exclut Apple) et assumé cette position en dépit des critiques, le Sage d’Omaha vient finalement de craquer (ou Berkshire Hathaway en tout cas).

Malgré le fait que l’action soit proche de ses plus hauts historiques, les arguments d’achat sur l’action ne manquent pas : Une marge brute de plus de 30% depuis 3 ans, une culture d’innovation (drones, intelligence artificielle) qui attire les meilleurs talents, des activités Cloud (Amazon occupe 40 % du marché américain) génèrent de gigantesques flux de trésorerie (90 % des bénéfices totaux), qui financent le commerce en ligne et les autres projets, comme l’expansion de la chaîne Whole Foods, une croissance internationale en pleine expansion, bientôt 100 millions d’abonnés au compte Amazon Prime ou encore une déstabilisation de la concurrence sans commune mesure. Bref, Amazon est un « placement qu’il ne faut jamais lâcher ». Berkshire Hathaway l’a enfin compris…

LES SUJETS EXPLOITÉS

Plusieurs sujets ont été exploités ces 2 dernières semaines et notamment : Plusieurs sujets ont été exploités ces 2 dernières semaines et notamment :
Les semiconducteurs sur la sellette / Automobile : Le pire n’est peut-être pas derrière nous / La Chine a perdu la main / Conflit commercial US-Chine : Quels sont les scénarios ? Fausse viande : Nous y sommes

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE : Les circuits en surchauffe?

SWOT: Sur la sellette

« Cible d’inflation touchée aux Etats-Unis » (Forces) après la réunion de la Fed de mercredi 1er mai l’inflation est de nouveau au cœur de toutes les discussions. Si sa faiblesse actuelle serait due à des facteurs « temporaire » selon Jerome Powell, les investisseurs en doute en pariant sur une baisse des taux d’intérêt américains en fin d’année.

« Inversion de la confiance des PMEs et des consommateurs aux Etats-Unis » (Faiblesses) après la bonne tenue de la statistique de l’Université du Michigan. La fin du shutdown devrait gommer les excès à la baisse que nous avons connus en début d’année.

« Brexit souple ou dur » (Opportunités et Risques) après le report du Brexit au 31 octobre. Il y a encore un risque cependant que la Chambre des Communes approuve l’accord de retrait avant le 22 mai.

« Pause (momentanée) des tensions commerciales US-Chine » (Opportunité) Ces prochains jours devraient nous donner beaucoup plus d’indications concernant l’avenir des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressants, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité, ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Author

Mirabaud Securities