Weekly Thoughts

Weekly Thoughts par Mirabaud Securities - 26 avril 2019

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS: Nouveaux records historiques

Cette semaine aura marqué de nouveaux records historiques en clôture pour le S&P 500, le Nasdaq et le Nasdaq 100. Si le Dow Jones n’y est pas encore, on voit mal ce qui pourrait l’en empêcher, ce d’autant plus que les indices sont largement alimentés par l’espoir : celui que l’économie s'améliorera au second semestre de l'année, que les résultats des entreprises s'amélioreront au second semestre de l'année, que les prix du pétrole poursuivront leur hausse malgré une offre qui reste élevée, que la Fed n'augmentera pas ses taux d'intérêt directeur cette année, que les banques centrales mondiales continueront à « aider » leurs économies respectives, que le dollar n'augmente pas « trop », que la Chine continuera à stimuler son économie, que le marché du crédit à haut rendement restera stable et que les tensions commerciales entre Washington et Pékin s’estomperont bientôt. En Europe, c’est l’OMX qui est le grand gagnant de la semaine avec une progression de plus de 3%. Le MIB italien quant à lui revient dans ses travers en perdant près de 1% après de nouvelles tensions avec Bruxelles concernant son budget. Du côté des indices asiatiques le Shanghai Composite s’effondre de plus de 3% sur la semaine alors que le Nikkei réussi à grappiller 1% grâce à la faiblesse du Yen face au dollar.

LES CHANGES: USD : Fly me to the moon

Le Dollar aura été le grand vainqueur de cette semaine en revenant notamment à des plus hauts de 2 ans face à l’Euro et en cassant le support très important des 1.12. Les 1.10 sont à portée. Au niveau des devises du G10, le Yen aura été la seule devise à résister au billet vert. Les plus fortes baisses ont été à mettre sur le compte de la Couronne Suédoise, du Dollar Australien ou encore de la Couronne Norvégienne. Du côté des devises émergentes, le Peso Argentin a perdu près de 9% face au dollar, devant le Rand Sud-Africain ou encore la Lire Turque. Les seules devises à très légèrement résister sont le Ringgit Malaisien (+0.13%) ou encore le Dollar de Hong-Kong (+0.03%).

LE SECTEUR: La pharma

Le secteur de la pharma américaine (et dans une moindre mesure européenne) s’est littéralement effondré (-25% entre le plus haut historique et il y a 1 semaine exactement) sur le coup de plusieurs évènements : prise de bénéfices, pressions politiques, arrivée de nouveaux biosimilaires, craintes sur la croissance du secteur, arrivée sur le marché d’un nouveau type de concurrence (plusieurs leaders de la technologie). Pour couronner le tout, le sénateur Bernie Sanders a dévoilé la dernière version de son ambitieux plan Medicare for All, portant le débat sur la santé au premier rang des préoccupations de la présidentielle de 2020. Le plan Sanders, identique à celui qui était immobilisé au Sénat depuis 2017, éliminerait pratiquement tous les dispositifs d'assurance maladie privée au profit d'un programme public ouvert à tous les Américains. Cependant, si nous restons extrêmement sélectifs sur le secteur, nous avons parié en début de semaine à un rebond technique car il a atteint des niveaux de survente comparables à ce que nous pouvions avoir avant la crise de 2008 (en comparant l’ETF IHF US au S&P 500).

LE PAYS: Le Japon

La Banque du Japon (BoJ) a fait part cette semaine de son impuissance en annonçant que l’inflation restera en-dessous de son objectif de 2% jusqu'à la fin de l'exercice budgétaire clos le 31 mars 2022, ce qui l’obligerait à rester ultra accommodante durant (au-moins) cette période. Dans ses nouvelles prévisions trimestrielles la BoJ a par ailleurs (et sans surprise) réduit ses projections de croissance et de prix sur l'exercice en cours, qui sera clos le 31 mars 2020, en raison du ralentissement de la croissance externe. L’impuissance affichée par la banque centrale laisse plusieurs questions en suspens et interpelle quant à l’efficacité des mesures appliquées et notamment des Abenomics (les fameuses 3 flèches qui se déclinent en une politique monétaire non orthodoxe, une politique de relance budgétaire ou encore à travers des réformes structurelles) lancé en 2012. 7 ans plus tard, le constat économique est toujours aussi sombre puisque l’inflation et la croissance ne progressent plus. N’en déplaise aux cassandres, le Nikkei n’est pas lié à l’évolution économique du pays mais plutôt à la faiblesse du Yen (face au Dollar notamment) et surtout aux injections de liquidités de la BoJ. Signalons ici que cette dernière est un actionnaire important (un des principaux 10 actionnaires) dans près de 50% des sociétés cotées suite à ses programmes de rachats...

LA VALEUR: Facebook

Facebook a surpris, mercredi soir, lors de la présentation de ses résultats, en annonçant s’attendre à devoir s’acquitter d’une amende (record) dans le futur, comprise entre 3 et 5 milliards de dollars, liée à l’enquête de la Federal Trade Commission (FTC) concernant la plate-forme et les pratiques liées aux données des utilisateurs. Pour se faire, l’entreprise de Mark Zuckerberg a provisionné 3 milliards de dollars pour la FTC. C’est donc une épée de Damoclès qui disparait de l’horizon du réseau social. Dans l'expectative… les résultats de Facebook demeurent solides avec un chiffre d'affaires trimestriel de 15,1 milliards de dollars (+26% sur un an) et un bénéfice net de 2,43 milliards de dollars (-51 %) qui est donc impacté par la provision de 3 milliards de dollars. En nombre d'utilisateurs, Facebook revendique, pour son application principale, 2,38 milliards d'utilisateurs actifs par mois (+8% sur un an) et 1,56 milliard d'utilisateurs actifs par jour (+8%). Près de 2,7 milliards de personnes dans le monde utilisent Facebook, Instagram, WhatsApp ou Messenger chaque mois, et plus de 2,1 milliards de personnes utilisent au moins une de ces applications chaque jour.

LES SUJETS EXPLOITÉS

Trump, malaimé en Europe, adulé aux Etats-Unis / QE4, une bonne idée ? / Italie – Grèce : le match improbable / Marché obligataire : attention au consensus / Beige book / Secteurs du Luxe et Pharmaceutique : deux destins différents / Le Japon sous toutes les coutures / Le poids de la démesure dans le S&P 500 / Le dollar commence à impacter

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE : Combien de temps pour acheter le Dow?

SWOT: Sur la sellette

« Cible d’inflation touchée aux Etats-Unis » (Forces) après la publication cette semaine du CPI où on a constaté que l'inflation s’était réduite à 1,5% en revenant ainsi à son niveau de septembre 2016, soit largement en-dessous des 2% prévus par la Fed. La publication du PPI de février a aussi été une déception.

« Inversion de la confiance des PMEs et des consommateurs aux Etats-Unis » (Faiblesses) après la bonne tenue de la statistique de l’Université du Michigan. La fin du shutdown devrait gommer les excès à la baisse que nous avons connus en début d’année.

« Brexit souple ou dur » (Opportunités et Risques) après le report du Brexit au 31 octobre. Il y a encore un risque cependant que la Chambre des Communes approuve l’accord de retrait avant le 22 mai.

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressants, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité, ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Author

Mirabaud Securities