Weekly Thoughts

Weekly Thoughts par Mirabaud Securities - 29 Mars 2019

Chaque vendredi, un aperçu des évènements significatifs de la semaine et leur impact sur les marchés, analysés par les spécialistes de Mirabaud Securities.

LES MARCHÉS: Le 10 ans à 2%?

Rendements des T-Bonds qui se contractent 10 points sous le loyer de l'argent de la Fed, Bund allemand qui passe pour la première fois depuis 2016 sous le niveau du 10 ans japonais ou encore inversion de la courbe américaine des taux 3 mois/10 ans, cette semaine aura été marquée par des mouvements importants sur les taux dont on se souviendra certainement longtemps.
Cependant, les indices ont poursuivi leur hausse avec une progression du S&P 500 de près de 0.5% à jeudi soir. Même variation pour l’Euro Stoxx 600 sur 1 semaine, alimenté par les propos du président de la BCE concernant l’impact des taux négatifs sur les banques.
En Asie, le Nikkei a fortement baissé (-2.5%) inquiet des impacts que pourrait avoir un ralentissement global de l’économie. La sanction a même été plus importante pour les indices chinois puisque le Shanghai Composite par exemple a perdu -3.5% et semble une nouvelle fois aller à l’encontre du consensus.

LES CHANGES: Alerte sur le Franc Suisse

Le Franc Suisse a été au centre de toutes les attentions cette semaine en nous envoyant un signal fort lorsqu’il est passé en-dessous des 1.12 face à l’Euro. C’est d’autant plus surprenant que plusieurs informations négatives ont émergé concernant la Suisse que cela soit au niveau d’un sondage concernant une recrudescence de pessimisme au sein de la communauté des analystes sur l'avenir à court terme de l'économie helvétique ou encore l’abaissement de croissance pour 2019 du Centre de recherches conjoncturelles (progression du PIB 1%, contre 1,6% attendu jusqu'alors).
Nous nous retrouvons donc avec un écart (gap) important entre ce que nous disent les devises et les indices (en fait le même gap qu’entre les indices et les taux). Si certains pointent du doigt la Banque Nationale Suisse (BNS) c’est peu probable. En effet, on voit mal comment l’institution nationale pourrait éviter de soutenir « sa monnaie » alors que tous les voyants sont au rouge pour les exportateurs.
Une attaque contre la devise helvétique est aussi peu probable, plusieurs fonds s’y sont déjà cassés les dents par le passé avant et après l’abandon du court plancher. Nous y voyons ici plutôt un regain d’intérêt des investisseurs « étrangers » essayant de se couvrir (hedger) face à des indices qui sont allés (selon eux) trop haut trop vite et avant des échéances cruciales telles que : Le Brexit ou encore la date butoir pour les négociations commerciales entre Washington et Pékin.

LE SECTEUR: La télévision est-elle morte?

Ces dernières années, les services de streaming tels que Netflix, Amazon Prime et Hulu ont rapidement évolué pour devenir l'un des moyens préférés des Américains pour consommer du contenu vidéo.
De nos jours, l'offre de médias numériques et d'options de divertissement est plus importante que jamais et une nouvelle enquête de l’agence Deloitte montre à quel point la diffusion en continu a progressé. Les ménages américains s'abonnent maintenant à trois services de streaming payants en moyenne. Fait important, pour la première fois, un plus grand nombre de ménages s'abonnent à un service de streaming vidéo qu’à la télévision payante traditionnelle.
Toujours selon S & P Global Market, le streaming vidéo pèse près de 6 milliards de dollars rien qu’en Europe. La valeur du marché reste pourtant en pleine croissance et devrait doubler d’ici 2023. On comprend pourquoi de plus en plus d’acteurs veulent s’y mettre. C’est le cas de Disney qui lancera son propre service de vidéo à la demande en 2019, tout comme Apple mardi soir.
Mais pour l’heure, Netflix reste le maître incontesté du marché. La télévision traditionnelle vit effectivement ses derniers jours…

LE PAYS: Le Portugal

Selon les dernières données disponibles, le déficit budgétaire du Portugal a été ramené l'an dernier à 0,5% du PIB, au plus bas depuis 1974, contre 3% en 2017. En montant le budget a présenté un déficit de 913 millions d'euros contre 5,77 milliards en 2017 (impacté par la recapitalisation de la banque publique Caixa Geral de Depósitos à hauteur de 3,94 milliards d'euros).
Le gouvernement portugais avait initialement misé sur un déficit de 0,7% pour 2018, estimation ensuite abaissée à 0,6%. Pour 2019, l'Institut national de la statistique (Ine) prévoit une nouvelle diminution du déficit public à 0,2%, en ligne avec l'objectif du gouvernement. Seule ombre au tableau, la dette publique rapportée au PIB est toujours très élevée (121.5% en 2018) mais a baissé par rapport à 2017 (124,8%).

LA VALEUR: Apple

Mauvaise série pour la marque à la pomme.
Apple nous promettait une soirée historique mardi soir. Pourtant les nouvelles annonces ont fait pschitt avec un service de vidéos à la demande, la poursuite du développement du système de paiement Apple Pay, la création d'une carte de crédit avec l'appui de Goldman Sachs et de Mastercard, le lancement d'une plate-forme de jeux et l'ajout de magazines à son kiosque d'informations en ligne, qui passe à une version par abonnement. On est bien loin des innovations dont la société avait l’habitude…
Ensuite, une juge arbitrale américaine de l'International Trade Commission (ITC) s'est prononcée mardi en faveur de Qualcomm pour cause de violation d'un brevet. Cette décision, qui marque un nouveau revers du géant californien dans le cadre de son litige contre le fabricant de puces mobiles, doit encore être soumise à un panel de six juges de l'ITC et à l'administration Trump, qui pourront l'un comme l'autre décider de ne pas suivre cette recommandation. On est passé tout proche d’une interdiction d’importation de plusieurs modèles d'iPhone.

LES SUJETS EXPLOITÉS

Plusieurs sujets ont été exploités cette semaine et notamment:
Qui sera responsable de la croissance demain? / La télévision est-elle morte? / La Fed sur le point de lancer une opération Twist / Et si Obamacare disparaissait? / Le business des rencontres en ligne

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE : Pouvons-nous être plus négatifs ?

SWOT: Sur la sellette

« Cible d’inflation touchée aux Etats-Unis » (Forces) après la publication cette semaine du CPI où on a constaté que l'inflation s’était réduite à 1,5% en revenant ainsi à son niveau de septembre 2016 soit largement en-dessous des 2% prévus par la Fed. La publication du PPI de février a aussi été une déception.

« Inversion de la confiance des PMEs et des consommateurs aux Etats-Unis » (Faiblesse) après la bonne tenue de la statistique de l’Université du Michigan. La fin du shutdown devrait gommer les excès à la baisse que nous avons connu en début d’année.

SWOT est l'acronyme de Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats, soit l'équivalent traduit en français de l'analyse FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces). Si l'analyse SWOT permet d’habitude de développer la stratégie marketing d'une entreprise et d'évaluer la réussite d'un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de la société, mais également la concurrence ou les marchés potentiels, j’ai décidé de l’adapter aux marchés financiers il y a plusieurs années de cela. L'analyse SWOT permet donc un développement général des marchés en croisant deux types de données : internes et externes. Les informations internes prises en compte seront les points forts et les faiblesses du marché. Quant aux données externes, elles concerneront les menaces et les opportunités à proximité. Enfin, élément des plus intéressant, c’est un tableau qui est amené à évoluer en fonction de l’actualité ce qui lui permet de refléter de manière hebdomadaire la tendance de fond des marchés financiers.

Author

Mirabaud Securities