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Les mastodontes du marché

Tribune de Genève, 27 octobre 2016 - Selon un sondage de BAML, le risque le plus important à 12 mois pour les investisseurs obligataires en catégorie «investissement» est une bulle spéculative sur les marchés de crédit. Alors comment expliquer l'appétit gargantuesque du marché pour les nouvelles émissions?

Au-delà de l'Arabie saoudite, qui vient de lever 17 milliards de dollars (pour une demande de 67 milliards), des crédits tels que Sprint Spectrum n'ont aucune peine à se financer. Les montants obligataires levés en 2016 ont surtout été utilisés pour des motifs opérationnels et seuls 20% étaient utilisés pour des fusions et acquisitions. Cette proportion pourrait croître vu les emprunts lancés cette semaine. Danone a émis 6,2 milliards d'euros pour financer l'achat de WhiteWawe Food et Verizon, qui achète Yahoo!, a emprunté des milliards en obligations.

La tendance devrait perdurer avec l'annonce de BAT, qui achète le solde de Reynolds Tobacco pour 47 milliards de dollars. L'intention d'AT&T d'acheter TimeWarner est la pierre d'achoppement de cette vague d'acquisitions. Il ne fait aucun doute que ces emprunts trouveront preneur. Alors que les marchés craignent une bulle obligataire depuis de nombreux trimestres, les entrées dans les fonds de placement obligataires américains sont colossales. Sur les neuf premiers mois de 2015, les entrées plafonnaient à 30 milliards de dollars... A la fin de septembre 2016, elles étaient à plus de 250 milliards, surtout dans des fonds de crédit américains. Ces entrées, motivées par de bas taux dans le reste des économies avancées, expliquent l'appétit pour les nouvelles émissions d'un marché qui grossit à la vitesse de la lumière et qui, malgré les craintes, continue sa course folle.

Par Catherine Reichlin, Responsable Recherche Financière, Mirabaud & Cie. Paru dans la Tribune de Genève le 27 octobre 2016.

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