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L'art de maîtriser la complexité

Agefi Magazine, avril 2016 - Les placements en architecture ouverte reflètent les centres d'intérêts de la clientèle. Mais aussi la maîtrise des risques par les sélectionneurs de fonds.

La construction d’un portefeuille d’investissement est le résultat d’un processus méticuleux. Avant de proposer une palette diversifiée, le gestionnaire aura d’abord effectué une analyse approfondie des  circonstances personnelles du client, de ses attentes et de sa tolérance au risque. Cette analyse sera suivie par l’élaboration d’une stratégie de placement prenant en compte les prévisions de l’environnement macroéconomique et financier à moyen et long termes. Puis, enfin, viendra  le choix des produits à présenter parmi toute une gamme présélectionnée notamment par les analystes et sélectionneurs internes.

Cette préparation est similaire à celle des navigateurs qui sélectionnent les voiles qu’ils embarqueront en fonction du bateau à disposition, des eaux où ils vont s’aventurer, des prévisions météorologiques, et de la façon dont ils entendent barrer. En pouvant compter sur plusieurs voiles à bord, il leur sera possible d’adapter la voilure selon leurs objectifs et la force du vent.

Un portefeuille se compose de classes d’actifs complémentaires, comprenant en particulier des obligations, des actions,  des placements alternatifs, des expositions aux devises et des dépôts.

Cette construction réalisée par le gestionnaire s’effectue grâce à des investissements en ligne directe, le cas échéant, par l’intermédiaire de produits maison, mais également en faisant appel à ce que l’on nomme l’architecture ouverte, à savoir l’investissement dans des fonds qui sont gérés par des tiers. Un peu comme si le navigateur utilisait un type de voile reconnu pour ses performances, mais mis à disposition par un fabricant autre que celui du bateau.

La stratégie de l’architecture ouverte s’est développée en Suisse il y a plusieurs décennies, en provenance des Etats-Unis. Pour de nombreuses banques privées, cette nouvelle approche permettait de proposer aux clients des produits diversifiés  gérés par les meilleurs talents. De surcroît, l’ajout de noms souvent prestigieux dans les portefeuilles permettrait de satisfaire les clients les plus sophistiqués.

Actuellement, pour la plupart des banques privées, l’architecture ouverte représente en moyenne entre 10 et 30% des allocations de portefeuilles. Les caractéristiques des fonds proposé aux clients ne sont pas uniquement liées à leur profil de risque et leur appétit aux risques. Désormais le choix est également dicté par des affinités plus personnelles. Sensibilisés aux tendances et désireux d’être présents sur différents marchés, les clients recherchent fréquemment des fonds qui ont des critères spécifiques, qu’ils soient géographiques tels l’Asie et les marchés émergents, ou thématiques tels les fonds avec des filtres « ISR » (l’Investissement Socialement Responsable). Ceux-ci sont venus s’ajouter aux fonds plus traditionnels et aux hedge funds, présents dans les portefeuilles depuis les années 1970.

Une architecture ouverte sous contrôle

Si les désirs d’un client doivent être pris en compte, le gestionnaire intervient avant tout pour conseiller et veiller à la protection et à la croissance du patrimoine investi en proposant les instruments adaptés. Inclure de l’architecture ouverte dans son portefeuille implique en amont de pouvoir s’appuyer sur un processus de sélection indépendant et rigoureusement discipliné. Cette approche stratégique d’investissement doit être strictement contrôlée.

Il est indispensable pour une banque de mettre à disposition de ses gestionnaires une sélection de fonds certes variés, mais avant tout triés sur le volet. Les solutions de placement doivent permettre de répondre à tous les types de profils, tout en se fondant sur des processus d’investissement rigoureux et une gestion stricte du risque.

Pour permettre au gestionnaire de concocter une stratégie d’investissement et établir la combinaison gagnante, les sélectionneurs de fonds doivent lui proposer des produits de haute qualité parmi un éventail de fonds diversifiés. Le processus doit être rodé et discipliné à toutes les étapes, qu’il s’agisse de la recherche de fonds, de leur sélection, mais également de leur suivi quotidien. C’est tout l’art de savoir sélectionner les produits qui donneront les résultats que l’on attend d’eux.

Les performances attendues seront certes examinées mais la pérennité du processus d’investissement sur le long terme doit l’être également. Il s’agit d’identifier les meilleurs gérants qui parviendront à générer de l’alpha tout en délivrant un rapport risque / rendement optimal à travers une gestion active maitrisée.

La liste des fonds qu’une banque peut inclure dans son architecture ouverte doit être dynamique. Cela reflète deux aspects très importants : d’une part la capacité à évoluer en intégrant de nouvelles opportunités d’investissement ; d’autre part la capacité de se séparer d’un gérant lorsqu’un événement exceptionnel se produit et que celui-ci met en danger la bonne gestion de la stratégie. Cette maîtrise continue du risque est la condition sine qua non pour que l’architecture ouverte puisse apporter la performance complémentaire attendue.

L’architecture ouverte évite tout conflit d’intérêt

Pour le client, l’accès à l’architecture ouverte lui apporte également une garantie et non des moindres : la banque ne va pas lui proposer exclusivement des expertises maison. Sans préjuger des qualités de fonds internes, la possibilité pour un gestionnaire de portefeuille d’élaborer sa stratégie en puisant des produits à l’externe est un gage d’indépendance et évite tout conflit d’intérêt.

En l’espace d’une quinzaine d’années, l’architecture ouverte s’est imposée comme un outil incontournable pour l’allocation d’actifs. La possibilité d’investir dans des fonds présents sur la plupart des marchés internationaux se retrouve toutefois confrontée à une tendance qui touche toute la finance : l’évolution de la règlementation. Pour pouvoir être utilisés, les fonds doivent répondre favorablement, non seulement à des critères administratifs mais également aux caractéristiques fiscales des investisseurs. C’est ici aussi qu’intervient l’art de maîtriser la complexité.

Par Camille Vial, Associée, Responsable de la Stratégie d’investissement, Mirabaud & Cie SA. Paru dans Agefi Magazine, un média édité par Agefi, société de l'Agence Economique et Financière à Genève, édition avril 2016.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de Mirabaud au moment de sa publication. Ce document a un but informatif uniquement et ne représente en aucun cas une offre de conclure ou un conseil en investissement.  Le contenu de cette publication est susceptible d’être révisé en tout temps et ne saurait en aucun cas engager la responsabilité de Mirabaud.

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